Rouge, Niels Arestrup

Quand on finit une pièce de théâtre le ventre noué, c’est plutôt bon signe.
Car oui vendredi soir, j’avais le ventre noué quand Niels Arestrup saluait un public conquis sur la scène du théâtre Montparnasse

Je venais de voir l’une des toutes dernières représentations de Rouge, la pièce de John Logan, mise en scène par Jérémie Lippmann et donc interprétée par Niels Arestrup et Alexis Moncorgé

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Mark Rothko, son oeuvre, son assistant

On découvre donc quelques jours de la vie sur plusieurs années du célèbre peintre expressionniste américain Mark Rothko (Niels Arestrup), dans la fin des années 50, en plein New York, dans son atelier, alors que le peintre vient d’accepter une commande pour un nouveau restaurant luxueux.

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C’est aussi à ce moment là, qu’il engage un assistant, Ken (Alexis Moncorgé) avec qui il entame une relation professionnelle tumultueuse.

D’ailleurs, cette pièce, ce n’est pas vraiment une histoire qu’on suit. Non c’est une sorte de dialogue, une joute verbale qui commence entre le maître et son apprenti. 

Un père écrasant

Oui une véritable joute verbale car le petit assistant va finir par questionner l’oeuvre du maître voir même contester le maître lui-même et son approche de l’art.

Le début de la pièce pose Mark Rothko comme le maestro, une figure du père un peu trop écrasante, dogmatique, fermé, tourné vers le passé. Le jeu de Niels Arestrup fait ainsi merveille. 

Pour le peintre, la peinture doit être tragique, puissant, métaphysique. En aucun cas « sympa ». 

Une rhétorique lourde, pompeuse qui si elle nous apprend des choses intéressantes sur le métier d’artiste, l’histoire de le peinture de cette époque, nous donne aussi furieusement envie de se rebeller. 

On se sent finalement soulagé quand l’assistant finit enfin par affronter le maître et le mettre face à ses contradictions, cette peur de la nouveauté, ce snobisme qui le ronge. 

Nous sommes alors au comble de la tension, nos tripes se nouent, et le génie de Niels Arestrup n’y est vraiment pas pour rien.

Niels Arestrup, monstre sacré

J’ai découvert Niels Arestrup très tardivement et au cinéma : De battre mon coeur s’est arrêté, Un prophète, et depuis j’avais une obsession : voir le comédien sur les planches.

La puissance du comédien sur scène est envoûtante. Il ère comme un beau diable dans son atelier, traînant ses souliers et tout le poids de la création, de l’art sur ses épaules. 

Arestrup le joue à merveille. Imbus de lui-même, ses gueulantes ne souffrent d’aucune contestation, on se fait tout petit dans son siège.

On a devant nous ce peintre super-star, irascible, instable, en permanence sur le fil du rasoir. 

Arestrup fait du Arestrup et c’est magique. On aimerait pas être à la place de l’assistant avec un Mark Rothko aussi énervé qu’un Niels Arestrup

On admire le fauve lâché sur la scène. 

Le rideau se baisse et j’ai le ventre noué. J’ai l’impression d’en avoir pris plein la figure. Dès demain, j’irais ouvrir quelques bouquins pour découvrir Rothko et son oeuvre.

Vous êtes allé voir la pièce ? Donnez nous votre avis en commentaire.

Rouge, de John Logan

Avec: Niels ARESTRUP et Alexis MONCORGÉ

Pièce de: John LOGAN
Version française de: Jean-Marie BESSET
Mise en scène: Jérémie LIPPMANN

Scénographie: Jacques GABEL
Costumes: 
Colombe LAURIOT PREVOST
Lumières: 
Joël HOURBEIGT
Son: 
Fabrice NAUD
Accessoiriste: 
Morgane BAUX
Assistante à la mise en scène: Sandra CHOQUET

La pièce n’est pour l’instant plus jouée. 

Jef

Jef

Au simple mot insolite, il est toujours prêt à faire quelques km en plus. Passionné de voyage, il anime Voyage-Insolite.com et son blog perso Vol714.com, le jour devient dealer de gadgets avec Super-Insolite.com et le jeudi organise l'apéro avec Aperodujeudi.com. Et la nuit dort. Parfois.

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