Roméo et Juliette : superbe duo mais…

Vérone. Les Montaigu et les Capulet se vouent une haine ancestrale qui fait couler le sang dans les rues de la cité princière. Dans ce climat de violence deux enfants de ces familles rivales vont s’aimer d’un amour fou et seule leur mort mettra fin à cette guerre larvée. Adapter la plus célèbre des tragédies de Shakespeare est toujours un challenge et la pression était forte pour la première de la version proposée par Nicolas BRIANCON.

atlr

Si l’ambiance Italie mafieuse des années 50 dans laquelle est située la pièce est réussie notamment grâce aux costumes et à l’orchestre de cinq musiciens qui renforce l’ambiance populaire voulue par le metteur en scène, le choix d’un couple de jeunes comédiens pour les rôles titres est un pari réussi. Niels SCHNEIDER est un Roméo rêveur, nonchalant, malhabile, tendre, torturé. Ana GIRARDOT est une Juliette légère comme une adolescente, enfant qui devient femme, fragile et forte à la fois. Elle illumine la distribution. Valérie MAIRESSE est quand elle une merveilleuse nourrice. Elle a juste ce qu’il faut de gouaille pour rendre son personnage à la fois drôle et attachant.

Mais…
car il y a un mais. Malgré tous ces bons arguments l’émotion n’est pas complètement au rendez-vous. Si Dimitri STOROGE est un Mercutio convaincant, et Bernard MALAKA un Frère LAURENT globalement crédible, les autres seconds rôles manquent d’ampleur ou de régularité, à l’image Tibalt bien fade et qui serait insignifiant si sa mort n’était pas à l’origine du bannissement de Roméo.
Au-delà de la fébrilité d’une première très attendue (pour le duo titre notamment) il y a aussi quelques maladresses comme le manque de crédibilité dans la mort des personnages, certaines scènes trop longues et d’autres un peu écourtées, le décalage entre le tragique de la situation et l’apparition d’un clown dans la scène durant laquelle Roméo se procure le poison qui le tuera, pour n’en citer que quelques unes.

Si je n’ai pas été aussi séduite que par « Le Songe d’une nuit d’été » (mis en scène par Nicolas BRIANCON en 2011), je gage que passée la tension de la première représentation le jeu des comédiens va s’affiner et la pièce gagner en intensité.

En Conclusion : une adaptation globalement réussie qui souffre de quelque maladresses et d’un manque d’émotion, mais avec un magnifique duo de jeunes comédiens qui ne demande qu’à mûrir.

ROMEO ET JULIETTE
De William SHAKESPEARE
Adaptation de Pierre-Alain LELEU et Nicolas BRIANCON
Avec Ana GIRARDOT, Niels SCHNEIDER, Valérie MAIRESSE, Bernard MALAKA, Dimitri STOROGE, Cédric ZIMMERLIN, Bryan POLACH, Charles CLEMENT, Valentine VARELA, Mas BELSITO, Pierre DOURLENS, Pascal ELSO, Adrien GUITTON, Côme LESAGE, Geoffrey DAHM, Eric PUCHEU, Ariane BLAISE, Marthe FIESCHI, Noémie FOURDAN et cinq musiciens

Théâtre de la Porte Saint Martin
18, boulevard Saint-Martin 75010 Paris
M° Strasbourg-St-Denis
À partir du 16 janvier 2014
Du mardi au samedi à 20h et le dimanche à 15h

Christine

Faites comme Christine : devenez rédacteur d’un soir pour Vu Sur Scène et obtenez des invitations gratuites en échange d’un article, informations ici.

Rédacteur invité

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe without commenting